vendredi 17 mars 2017

17 Mars 2017 (Je devrais bosser, mais j’écoute Willy Deville et j’écris ce truc tout en me grattant l’entrejambe pour qu’on ne me colle jamais l’étiquette terne du poète trop propre sur lui)

Au téléphone l’autre nuit, 1m77 de chair brulante
Se confient à moi :

- Je suis frustrée à 35 ans car je fais peur aux mecs.
Celui là me dit, « mais toi Tu sais ce que tu veux ! »
Oui !
Je veux juste qu’on me baise ! il faut que je supplie
pour qu’on entre dans ma chatte ?
Putain, entre les petites bites et les coincés…
J’ai couché avec ce type, il me harcèle, 10 textos
Par jour depuis des mois et je ne répond même pas.
Tout ça pour 3 heures
ensemble.
Pourquoi t’es pas là ? toi et moi on pourrait baiser
On s’entretiendrait et on s’éclaterait -

C’est clair, j’aimerai bien qu’elle soit là,
Pour tuer la nuit, la solitude et cette
Envie sourde de coller le canon bien huilé
d’un flingue
            dans ma bouche histoire de
            De tailler une pipe à la mort

            J’ai beau chercher, le sexe reste une meilleure solution
Que la drogue, l’alcool, le suicide plus ou moins rapide
la philosophie, le chocolat
Les comédies romantiques, le doigt d’une prostituée
dans mon coupable trou du cul, l’illusion que le soleil
se lève sur la beauté du monde alors qu’il se contente
d’illuminer le meurtre et l’injustice

La poésie c’est bien aussi, mais ça n’ôte pas l’envie
De fourrer sa queue dans un cul parfait et
Quand on songe au suicide comme d’autres
Planifient leurs vacances au soleil, je ne
suis pas totalement convaincu que fréquenter des
dépressifs
Se révèle
La meilleure solution pour  guérir de ses névroses
Et ça n’évite pas de
penser au boulot, à la retraite qu’on n’aura pas,
à la facture du garagiste et à la liste des courses
pas plus que ça n’ôte les envies
De meurtres à l’encontre des types qui ont baisé
Ta femme, à l’époque où tu en avais une parce
Tu croyais que cela t’amènerait jusqu’au bout
Avec un sourire peint sur tes lèvres innocentes
Alors que ce n’était rien sinon la main tendue pour
Te pousser dans le précipice de la folie
                                                grise

                        Tu vas objecter l’amour ?
                        Comment répondre sans te rire au nez
                        Moi aussi j’ai tenu dans mes bras
            Des femmes qui appartenaient à d’autres
            Et souvent en appartenant à d’autres moi aussi

Attention, réflexion,
Combien de sens différents peut on donner
à cette jolie phrase :
« l’amour est une partie d’échecs » 

???

(On rêve de dévotion et
On envisage l’amour comme une solution
            pour ne récolter qu’une sanglante punition)

La vie est une pute qui s’offre à celui qui paye le prix
                        Mais pour certains l’addition est moins salée
Et pour d’autres, elle est une addiction à divers lents supplices
Qu’ils s’infligent eux même, ruinant leurs corps et écorchant vif
Les traits délicats de leurs âmes

                        J’ai mis des mots dans mes veines
                        Pour guérir de mes maux et autres
                        Vaines obsessions comme
mon goût prononcé et has been pour les femmes plus jeunes que moi
avec si possible du vert dans le regard,
                        Mais après réflexion les femmes plus jeunes
me paraissent plus saines que les armes à feu, pas moins dangereuses
                                                                        néammoins

            (l’autre jour, je rêvais de lécher tes lèvres
mais tu ne viendras pas et je ne peux
t’en vouloir, toi, plus belle
que tout ce que j’ai déjà brisé)

            et si je peux comprendre sans ambiguïté ce qui pousse
            un homme à faire gicler sa cervelle sur le mur de son salon
je m’interroge sur ce qui le pousse à tuer un maximum de
                        personnes juste avant, personnellement
j’ai trop fréquenté les humains pour désirer partir accompagné

et là,
engagé dans un round décisif contre le clavier
rongé par mon démon de l’écriture
            je gratte mes couilles pour la beauté du geste, (je ne veux pas
être un larmoyant poète propre sur lui)
j’écoute Willy Deville,
je n’ai pas attaqué mon boulot urgent que je dois rendre ce soir
mais je m’en fous, (écrire ne paye pas le crédit sur la maison
            mais écrire c’est mieux, Tennessee montait sur le toit
de l’usine pour fumer des cigarettes et ciseler sa poésie sur des boites à chaussures
à ce qu’on raconte)

et je saisi au vol plané une vérité personnelle :

- il m’a fallu plus d’une décennie pour réaliser
que ce n’est pas en jetant de la vodka sur les flammes de son
enfer personnel  qu’on éteint l’incendie qui nous dévore –

(il m’arrive d’écrire et j’ai déjà aimé à en crever
                        je connais pires façons de lécher la main de la mort

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